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Cyberpédophilie - Les plus jeunes sont les plus maltraités
Louise-Maude Rioux Soucy Le Devoir, 19
novembre 2009

Photo : Agence France-Presse
Extraite d’une publicité diffusée en France
pour sensibiliser les enfants et leurs parents aux dangers de
l’Internet.
Contrairement à ce que plusieurs croient, la
pédophilie sur Internet fait rarement dans l'image d'Épinal. Même la
lolita n'a plus la cote, selon une étude canadienne, qui montre que les
ados ont fait place aux prépubères et même aux bambins au panthéon des
cyberpédophiles.
Plus de huit images à teneur pédophile sur dix circulant sur le Web
mettent en scène des enfants de moins de 12 ans. Et pas que dénudés.
Dans 64 % des cas, ceux-ci étaient montrés dans des positions obscènes.
Quand ils n'étaient pas carrément violentés, dénonce le Centre canadien
de protection de l'enfance.
Ces statistiques sont tirées d'un
rapport
rédigé à partir des sites recensés par l'organisme
Cyberaide.ca, un service pancanadien de signalement d'enfants exploités
sexuellement sur Internet. Le rapport repose sur l'examen de près de 16
000 incidents relatifs à des sites à caractère pédopornographique et sur
l'analyse de plus de 4000 images de sévices pédosexuels.
Plus de 35 % des images analysées montrent des agressions sexuelles
graves. Sur l'ensemble des pages analysées, 77,6 % contenaient au moins
une image d'agression sexuelle contre un enfant de moins de huit ans.
Plusieurs enfants n'étaient encore que des bambins ou même des bébés.
Dans les scènes d'agressions sexuelles les plus extrêmes (bestialité,
ligotage, torture), ce sont encore les moins de huit ans qui sont les
plus représentés, à raison de près de sept enfants sur dix. Sur les
images d'enfants plus âgés, ceux-ci étaient généralement représentés
posant nus ou dans une position obscène.
«Il est particulièrement inquiétant de constater le très jeune âge des
enfants sur les images, souligne Lianna McDonald, directrice générale du
Centre canadien de protection de l'enfance. Ces enfants connaissent fort
probablement l'auteur des abus dont ils sont victimes. Déjà que les
sévices sexuels ont des conséquences terribles pour les enfants,
l'enregistrement et la diffusion de ceux-ci sur Internet viennent
aggraver le traumatisme.»
Ce genre de matériel illégal circule énormément sur la Toile. Au moment
de l'analyse, plus de 60 pays en hébergeaient des images. Ces images
changeaient régulièrement d'emplacement pour éviter qu'elles ne soient
mises hors ligne. À titre d'exemple, sur une période de 48 heures,
Cyberaide.ca a dénombré pour un même site 212 adresses IP localisées
dans 16 pays différents.
La lutte contre les contenus illégaux sur Internet est une affaire
complexe, explique Ruben Rodriguez, président d'Inhope, l'association
internationale des centrales de signalement. «Les pédocriminels savent
exploiter l'architecture d'Internet et l'hétérogénéité des lois, et ils
déplacent délibérément les sites pour échapper à la justice.»
Le Canada est l'un de leurs refuges favoris. Ce
rapport estime en effet que le Canada arrive au troisième rang des
pays qui hébergent le plus de sites Internet contenant des images de
sévices pédosexuels. Il occupe aussi le second rang parmi ceux qui
hébergent de pareilles images et ceux qui les vendent sur des sites
d'hébergement.

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