BONS   COUPS
Un zoom sur des gens qui ont traduit leur croissance en actes
Gestes simples ou innovations audacieuses 
Ils ont donné des jambes a leur état d'esprit
 

 

Patch ADAMPS    |    Waris DIRIE    |    Craig KIELBURGER    |  Hélene  TREMBLAY  

 

 Grandir ? ...
Devenir simplement plus humain
un peu plus chaque jour
Célébrer de pouvoir offrir a l'arc-en-ciel du monde
sa couleur unique
Jusqu'a laisser cette planete
un peu meilleure qu'on ne l'a trouvée 

Anonyme

 

La phrase qu'on vient de lire fait mentir avec bonheur certains diagnostics sombres. Celui-ci, par exemple, de Michel René, paru dans un journal régional :  Chaque pas que nous faisons nous mene quelque part, mais ou allons-nous ? Notre indifférence face a la misere, a la violence, a l'exploitation éhontée des minorités, aux abus de toutes sortes, aux dangereux gaspillages de la planete et que sais-je encore, serait-elle l'immense cachette ou nous nous réfugions afin de nous protéger contre l'inquiétante peur de savoir qui nous sommes et qui nous deviendrons ?  (Lévis, L'Écho de la Rive-Sud, 01-04-08)

Les récits qui suivent le font mentir plus encore. Voici des 'flashes', que vous aurez pu lire déja dans la presse. Ils témoignent de gestes peu banals. Quelquefois fort simples, posés par des gens comme vous et moi  -   il s'agissait d'y penser !...    Des gestes quelquefois plus audacieux, qui viennent de gens qui nous tirent vers le haut. Ce qu'ont de spécial ces gens ? d'avoir repoussé les diagnostics sombres, poussé la porte qui montre d'autres possibles, donné a d'autres gens ce qu'ils ont reçu ou ce qu'ils auraient tant aimé recevoir. Ils ont manifesté par la que toute semence a sa récolte, et toujours multipliée. A partir de ce qu'ils ont compris, ils sont passés a l'action, sachant qu'au neutre un moteur chauffe et s'encrasse. Ils en ont souvent bavé pour en arriver la, tandis que l'entourage n'en voit que l'aboutissement heureux. Ces gestes, en retour, les auront puissamment aidés a pousser plus loin leur croissance. Voyons un peu...

 

WARIS DIRIE

 Donner naissance a mon fils
m'a rappelé cette évidence : 
la vie et le don de la vie
sont les seules choses qui comptent vraiment 

Waris Dirie

Saviez-vous que l'excision se pratique encore aujourd'hui dans au moins 28 pays d'Afrique, mais aussi aux États-Unis et en Europe, la ou le nombre d'immigrants d'origine africaine crée une masse culturelle assez forte pour faire durer cette tradition répandue en terres musulmanes ? Que cette mutilation toucherait 130 millions de petites filles et de femmes, ce qui veut dire deux millions au moins a risque d'en etre victimes chaque année, soit pres de 6 000 par jour, avec un pourcentage important qui en meurent ?...

Une voix s'est élevée dans les années récentes pour crier au monde le drame intime vécu par chaque femme qui a subi l'excision, et du coup la condition d'ensemble des femmes dominées par une culture patriarcale. C'est la voix de Waris Dirie, davantage connue comme top model, a travers les plus grandes revues de mode d'Europe et d'ailleurs.

 Je vais vous raconter une histoire vraie...  confia-t-elle la premiere fois au magazine Marie Claire, provoquant chez la journaliste les larmes et un éclat de révolte. C'était braver les reproches prévisibles de ses intimes et la colere qu'elle souleverait dans son milieu d'origine. 

On est d'abord saisi d'apprendre de quoi a été faite l'histoire de cette petite gardienne de chevres, dans le désert de Somalie, les souffrances endurées autour des rituels de passage ou pour s'échapper du mari âgé qu'on lui a désigné, le courage qu'il lui a fallu pour fuir a plusieurs reprises jusqu'a trouver sa liberté. On se passionne ensuite a l'entendre parler des intuitions étonnantes qui lui ont sauvé la vie plus d'une fois sur son parcours. Puis enfin, on est remué jusqu'a l'os quand elle explique comment elle a trouvé la sa mission de vie : faire savoir au monde la vérité, affirmer haut et clair que ni la Bible ni le Coran n'invitent a cette pratique contre nature, qui  n'est perpétuée que par des hommes qui veulent s'assurer l'exclusivité des faveurs de leurs épouses .

Faisant campagne contre l'excision, elle commente :  Je prie pour qu'un jour plus aucune femme n'ait a connaître cette torture; pour que cette pratique devienne une chose du passé; pour que les gens disent : "Savez-vous que la mutilation génitale des femmes a été interdite en Somalie ?" Puis dans un autre pays, et un autre encore, jusqu'a ce que le monde devienne sur pour toutes les femmes. Ce sera un jour merveilleux. Tel est le but que je poursuis. Inch'Allah, si Dieu le veut, cela arrivera.  * *

 

CRAIG KIELBURGER 

 C. K. aura bientôt 17 ans. Son livre Free the Children vient d'etre traduit en français (Libérez les enfants, éditions Écosociété) et des éditions en allemand, en espagnol et en chinois sont en préparation. Ce Torontois n'avait que 12 ans quand il apprit la mort d'un jeune Pakistanais du meme âge que lui, (...) assassiné parce qu'il s'opposait a la "mafia du tapis" dont il s'était affranchi. 

Depuis, Craig a fondé un mouvement, Libérez les enfants, qui regroupe 100 000 jeunes. (...) Lors d'un premier voyage de trois semaines en Asie du Sud-Est, cet adolescent atypique a été témoin d'un raid (janvier 1996) qui permit la libération de 22 enfants népalais tenus prisonniers dans un atelier clandestin de Katmandou. (...) On sent que l'indignation de Craig se nourrit du fait que subsistent des conditions de servitude pour pres de 250 millions de jeunes dans le monde (...). 

Les circonstances de sa rencontre de 15 minutes avec le premier ministre Chrétien a Islamabad (Pakistan) sont connues: elles lui permirent de se mesurer a une "meute" de journalistes dont il tient toujours a se faire des alliés, si possible. Craig arracha a Chrétien la promesse qu'Équipe Canada prendrait en compte le travail des enfants dans ses pourparlers avec les businessmen. (...)  

Source: Clément Trudel, "Un futur dirigeant mondial", Le Devoir, Montréal, 25 oct. 1999

          On trouve le site Web de Libérez les enfants (en anglais) a l'adresse suivante :         www.freethechildren.org 

PATCH ADAMPS


                                                                 "Ce qu'il nous faut, c'est (...) trouver des solutions 
                             susceptibles d'enthousiasmer les patients comme ceux qui les soignent."
 

Patch Adams, Docteur Patch Adams (Montréal, Stanké)



Plusieurs ont vu au cinéma Robin Williams incarner cet étudiant en médecine pas-comme-les-autres devenu 'toubib' a un âge avancé, a force de cran. Il existe pour vrai, Josée Blanchette l'a contacté :

"Rien qu'a le voir, affublé de son nez de clown, le sourire fendu jusqu'aux talons, on se prend a vouloir etre son malade. Patch Adams s'en prend a la faillite des systemes de santé, a la déshumanisation des soins, aux transactions commerciales, pharmaceutiques et technologiques qui se font sur le dos des patients. Mine de rien, Patch Adamps propose une petite révolution en rigolant."

"Je ne veux pas etre pris au sérieux, je veux etre pris avec humour. Je suis un vilain clown. Ce que je propose est dangereux pour une société qui mise sur l'argent et le pouvoir plutôt que sur la compassion et la générosité. Nous vivons dans un monde ou l'on doute du pouvoir de l'amour parce que ça ne s'achete nulle part". 

"Le médecin américain offre depuis longtemps des soins gratuits (...), et a expérimenté plusieurs projets-pilotes de cliniques gratuites."   Il caresse depuis trente ans un projet d'hôpital communautaire qui devrait prendre forme en l'an 2000.   "Dans cet hôpital de 40 lits, les patients et leurs familles participeront aux tâches ménageres et au jardinage, se prodigueront mutuellement des soins dans la mesure de leurs capacités, des bénévoles du monde entier y seront logés et nourris. Les arts de la scene, les jeux, l'artisanat, la littérature, la vie communautaire seront intégrés a la médecine, parallele ou conventionnelle, douce ou forte. Le rire et la joie tiendront lieu d'analgésiques puissants." (...)  Des centaines de médecins se disent prets a aller travailler pour lui contre un salaire d'animateur en garderie."

"Le gouffre qui sépare les riches et les pauvres aux États-Unis est un probleme plus grave que les maladies cardiovasculaires, s'enrage-t-il. "Nous vivons dans le pays le plus riche et le plus déprimé au monde. L'Amérique est anxieuse, nerveuse, angoissée, sous antidépresseurs. S'occuper des autres est la meilleure thérapie qui soit. Toutes les meres de famille savent ça."

Source: Josée Blanchette, "Malade de rire", Le Devoir, Montréal 18 février 2000

HÉLENE  TREMBLAY  

 Je suis née sur cette planete, et l'idée de mourir un jour sans la connaître sous ses multiples facettes me perturbe beaucoup. (...) rien n'est plus exaltant que de découvrir la planete et ceux avec qui je la partage. Qu'il est grand ce sentiment de respirer quand l'énergie vient d'au-dela des frontieres
 établies par nos sociétés, nos cultures et si souvent par nous-memes ! 

Imaginez quelqu'un qui parcourrait la planete et qui nous raconterait, pour chaque pays, une journée dans la vie d'une famille ou il a pris la peine de séjourner...

Eh bien, une telle personne existe et nous l'avons rencontrée. Elle vit cette aventure-découverte depuis 17 ans ! ce qui l'a fait séjourner dans pas moins de 112 pays : Hélene Tremblay, une Québécoise qui a d'abord été productrice de télévision avant de se lancer de par le monde. 

Ce qu'elle fait ? Elle ratisse un continent pays par pays, faisant d'abord une recherche sur ses caractéristiques marquantes, puis trouvant une famille qui en serait un bon prototype. Elle y séjourne quatre jours, accompagne dans leur activité tour a tour la mere, le pere, les enfants, et meme la parenté proche. Elle raconte de quoi est faite une journée ordinaire de cette famille, d'heure en heure depuis le lever jusqu'a la nuit. Ainsi nous a-t-elle fait jusqu'ici découvrir de façon concrete le vécu des gens de l'Amérique du Nord et du Sud,  de l'Asie de l'Est et du Pacifique, plus récemment de l'Europe, et bientôt de l'Afrique. Pour chaque pays, elle dresse en plus un portrait démographique et historique, avec une série d'indicateurs de développement.

Il s'en dégage un témoignage unique. Un immense respect des gens. Une admiration devant l'incroyable variété avec laquelle les humains s'ingénient a apprivoiser la vie. Et le constat en meme temps de pareilles soifs du bonheur, d'une capacité commune a relever les défis, a se dépasser par leurs enfants... qu'ils soient fermiers, pecheurs, commerçants, ouvriers. On sort de cette lecture avec non seulement l'envie de connaître davantage le monde a travers ses peuples, mais avec comme une sorte de plus grande humanité parcourant nos veines. 

Nous avons eu la chance de l'écouter, a Québec (2000). A travers la tendresse qu'elle porte aux gens, qu'elle nomme par leur prénom a chaque fois qu'elle vous en montre la diapo, elle porte comme un second regard, celui qui voit loin derriere, jusqu'a l'âme des gens et des peuples. Écoutons-la un peu...

 Ça devrait faire partie des droits de la personne de savoir qui habite notre planete... Il manque de communicateurs : je vais présenter les familles, les humains les uns aux autres ! ...Je continue encore d'y croire, je suis encore naive, je vais me battre jusqu'au bout pour y arriver ...  Le plus grand privilege au monde c'est de venir au monde dans une famille de parents positifs, souriants : il y a des familles comme ça partout ! Tu peux etre sur que ceux-la, qui sont aimés, vont se sortir de leurs bidonvilles...

A un moment, elle s'attarde sur la diapo d'un garçonnet d'un an dans les bras d'une femme volontaire: la détresse dans les bras de la compassion. Alors, elle commente :  Si la moitié du monde était comme lui, et l'autre moitié du monde comme elle, on pourrait s'en sortir. 

Elle raconte ensuite l'histoire d'une jeune péruvienne de 9 ans, sur la diapo, qui récitait Homere ! et revait d'aller en Grece. Elle dit ceci :  L'éducation, c' est pas pour monter dans la société, c'est pour descendre dans le puit (de nos reves). Les passions, si elles ne nous font pas vivre, c'est a nous de les faire vivre... 

Un grand cadeau, a lire par simple gourmandise, assis par terre avec des enfants, ou sur le pas de l'oreiller le soir avec ceux qu'on aime...

Série Familles du monde. La vie au tournant du 20e siecle. Les premiers numéros ont été édités chez Robert Laffont, a partir de 1990.

 

Bienvenue de collaborer à ce panorama

Faites-nous connaître des parcours de vie qui ont soulevé votre enthousiasme ou vous ont donné envie d'aller au bout de vous-meme.

Édité par le site GRANDIR, QUÉBEC
http://www.sitegrandir.com

N'hésitez pas a reproduire nos textes, en indiquant la source.
 v2005-01-01

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